Critiques

Le retour de l’enfant prodige !

Une dizaine d’années après avoir été découvert en France par Stéphane Portet au Sunside, Avishai Cohen y a fait son grand retour lundi 9 octobre. Un concert en toute intimité, pour le plus grand plaisir de son public béat d’admiration.

Le contrebassiste, qui affiche désormais complet dans toutes les plus grandes salles du monde a passé en revue les morceaux de son nouvel album « Seven seas ». Concluant, par son célèbre «Remembering » (album At home) Avishai Cohen a définitivement conquis le cœur de son public. Standing ovation, on en demande encore. Une heure et quelques c’est définitivement trop court !

Car c’est une véritable claque ! Une heure pendant laquelle on retient son souffle face à la dextérité du contrebassiste dont les mains semblent presque aller plus vite que la musique ! La formule sobre en trio, qui contraste avec son album aux sonorités orientales, donne finalement une autre dimension aux morceaux, plus puissante émotionnellement parlant. Les artifices sont balayés d’un revers d’archet et laissent place à une musique épurée parfois même classique.

Les prestations qui restent à saluer sont celles des nouveaux prédécesseurs de Shai Maestro et d’Itamar Doari , à savoir Omri Mor (piano) et Amir Bresler (batterie). Deux jeunes musiciens aujourd’hui encore méconnus, mais qui ne devraient pas tarder à dépasser leurs maîtres. Foi d’Avishai qui déclare « c’est le meilleur trio avec lequel j’ai jamais joué »

On sent cette complicité entre eux et c’est peut-être ce qu’on apprécie le plus. Ce soir là, ce n’était pas le concert d’ Avishai Cohen mais bel et bien le concert d’un trio où chaque musicien a sa place à part entière. Les nombreux solos de piano et batterie laissent libre court aux deux jeunes prodiges pour montrer leur talent par des improvisations remarquables. Le piano classique, au sens noble du terme, d’Omri Mor contraste avec les sons appuyés de la batterie d’Amir Brestler, comme deux piliers qui soutiennent et accompagnent la contrebasse mieux que jamais. Vient s’y greffer de temps à autre la voix rauque et spirituelle d’Avishai lorsqu’il entonne « Avram Avinu » chant judeo-espagnol, en hommage à Abraham, qui résonne comme une véritable prière.

Mercredi soir, c’est à guichet fermé qu’il foulera le sol du mythique Olympia. On peut désormais le dire, Avishai Cohen fait partie des figures emblématiques du jazz du 21ème siècle dont on n’a pas fini d’entendre parler !

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